| Que reste-t-il dans la mémoire familiale de la première guerre mondiale et des morts qui en ont été victimes ? Cent ans après, les témoins disparus, leurs récits retransmis ne semblent plus concerner leurs descendants. Étant passés à l’Histoire, ils ne sont plus que des "Héros", déshumanisés, désincarnés, poétisés. Les photos, qui si longtemps avaient tenu la place d’honneur sur les cheminées ou les buffets de nos cuisines, ont disparu ; les deux obus de cuivre religieusement astiqué, symbole de leur mort héroïque, qui se faisaient pendants autour de ces photos ont, elles aussi, quitté les autels du souvenir. Une autre guerre a chassé la précédente dans la mémoire familiale. D’autres noms ont été gravés, sur le monument dressé dans chacun de nos villages afin de les honorer, ceux des soldats morts durant la seconde guerre mondiale ou de la guerre d’Algérie. Désormais, ils partagent avec ces derniers les honneurs rendus aux « Morts pour la France » le 11 novembre, jour commémorant la fin de leur guerre, celle qui devait être "la der des der". Les associations d’Anciens Combattants et l’école travaillent à conserver leur mémoire. Mais qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Afin que persiste leur mémoire et celle de leur sacrifice, nous avons tenté de rassembler témoignages et documents sur cette période. Sur ceux, hommes ou femmes qui ont dû assumer dans leur quotidien les conséquences matérielles de la mobilisation. Sur ceux surtout qui y ont laissé la vie. Nous réservant pour un prochain bulletin, l’évocation de tous ceux qui ont pu revenir après ces combats. J. Marie Larsen 174 pages
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BULLETIN n° 11 - année 2014
