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Autrefois, l‘activité des habitants dépassait rarement les limites de leur village. Cette activité générait dès le matin, toutes sortes de bruits, d’odeurs, de mouvements qui étaient propres à chaque village et lui donnaient son rythme, sa singularité, son caractère. Il y avait le tintement des cloches, « angélus » du matin du midi et du soir. Les cloches n’avaient pas toutes le même son et les sonneurs avaient chacun leur style. Puis venaient, le piétinement des bestiaux allant au pacage ou en revenant, le bruit des attelages partant vers les champs, accompagnés des cris de leur conducteur. On entendait les ménagères en route pour la boulangerie ou l’épicerie et s’interpelant, les galopades et les cris des enfants…. On entendait les grincements des charrettes et brinquebalement des charrues, bineuses ou autres batteuses ; le cliquettement des métiers à tisser, les martèlements secs et grinçants du charpentier, du charron ou du tonnelier, celui, métallique et rebondissant du forgeron et celui plus sourd du cordonnier… L’odeur du pain le matin ou des garbures ou autres cuissons à midi, ou celles du foin ou des autres récoltes… celles des fleurs sauvages ou des jardins… celle du fumier que l’on emmenait vers les champs. Tout cela dans un va et vient modeste, mais permanent à peine interrompu vers le milieu de la journée. Le village était vivant, il avait une âme disait-on... La modernisation a fait disparaître tout un pan de l’artisanat. L’industrialisation en fait disparaître, peu à peu, ce qu’il en restait. L’agriculture et l’élevage ne se pratiquent plus comme autrefois et le nombre des exploitations s’est réduit. Les habitants ne travaillent plus au village. Ils n’y font plus leurs provisions. Heureux sont les villages qui ont conservé leur école. Si on y entend encore les angélus, c’est grâce à l’automatisme. Dès le matin, les automobiles et les autocars emmènent les travailleurs et les enfants vers les usines et les écoles. Ils ne rentreront que le soir. Plus d’odeur de pain qui cuit ; plus de va et vient des bestiaux, c’est la stabulation libre. Nos villages semblent endormis, ont-ils perdu leur âme ? Comment mon village était-il autrefois, il y a une centaine d’années ? Avec ce bulletin nous allons tenter de vous le faire redécouvrir. J. Marie Larsen 122 pages
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BULLETIN n° 8 - année 2011