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Connait-on encore aujourd’hui le prénom de nos voisins ? Ces derniers nous sont le plus souvent connus sous leur patronyme. Il n’en n’a pas toujours été ainsi. De nos jours, le prénom ne sert que pour préciser l’identité de la personne, mais le plus souvent nous n’utilisons que son patronyme pour le désigner : "Un tel est passé me voir !". Il faut cependant remarquer que lorsqu’il s’agit d’une femme, le mot "madame" (ou mademoiselle) précède le patronyme, le prénom n’étant utilisé qu’en cas de familiarité. Au Moyen Age en Béarn, le prénom (nom de baptême) a semble-t-il prévalu et le nom de sa maison (ostau) ne servait qu’à préciser son identité, identité précaire, puisqu’il pouvait la perdre en quittant cet ostau. Pour exemple, le censier commandé par Gaston Fébus dès 1365 à Bernard de Duras et achevé en 1385*. Dans ce registre où on aurait pu se contenter de recenser les maisons (ou foyers), chaque chef d’ostau est désigné par son prénom (suivi du nom de sa maison et parfois de son métier), ce prénom étant son principal "identifiant". Exception à cette règle, les maisons inoccupées, les maisons nobles et les « crestia ». Les « crestia », parce que leurs maisons étaient une communauté d’habitations, les maisons nobles probablement parce qu’elles étaient plus particulièrement sujettes à changer de propriétaire ou tout simplement parce que le nom du domaine, de l’abbadie ou de la maison forte suffisait à l’identifier. Les « crestia » continuèrent longtemps d’être nommés par leur seul prénom. Les maisons qui abritaient des questaus appartenaient à un "maître" (le vicomte ou un seigneur médiat) ; elles avaient aussi reçu un nom par lequel ces questaus purent s’identifier. Une fois affranchis, ils continuèrent d’habiter "leur" maison et d’en porter le nom. L’importance du nom de la maison est très forte en Béarn, tout comme sa pérennité, bien que celle-ci tende à disparaître. On trouve encore dans nos communes des maisons qui ont été nommées au 16e ou 17e siècle et parfois même bien avant le 14e siècle. Il arrive même que leurs habitants en portent encore le nom. En faisant leur inventaire, le projet de ce bulletin est de vous les faire découvrir. J. Marie Larsen 164 pages Notes :
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BULLETIN n° 9 - année 2012